Du haut de ses 73 ans, Anny Duperey est toujours caractérisée par sa joie de vivre, son insatiable appétit pour tout ce qui touche à l’art et son amour pour les animaux. Peu importe qu’elle ait dû passer pas ce qu’il y a de plus horrifiants dans la vie, des périodes très sombres de la vie, elle n’en est pas moins cette boule d’énergie vivante et vitale qu’on la connaît. Le saviez-vous qu’on a bien failli la perdre à tout jamais ?

A un moment, on a bien failli la perdre à tout jamais ! Elle était malencontreusement à deux doigts de nous quitter prématurément.

Le déclic.


Tout a commencé un funeste 6 novembre 1955, l’époque où elle vécut avec ses parents à La Neuville-Chant-d’Oisel.

La petite-fille insouciante qu’elle était se retrouvait malgré elle témoin d’une scène très atroce: elle tombe sur ses parents sans vie dans leur salle de bains familiale. Ces derniers morts empoisonnés par le monoxyde de carbone du chauffe-eau à cause des mauvaises conditions de leur lieu d’habitat entre autres à cause d’un système de ventilation/gaz défectueux.

« C’est fini, après on devient autre chose, un survivant » !


Elle a ensuite été séparée de sa sœur cadette pour être recueillie par sa grand-mère paternelle et sa tante pendant que l’autre allait chez ses grands-parents maternels.

« Mon enfance s’est terminée là, confiait Anny Duperey sur France Inter. C’est fini, après on devient autre chose, un survivant. J’avais la chance d’avoir un fort caractère, donc j’ai rebondi, comme on dit, j’ai réagi par un déni du deuil qui a duré très longtemps. »

« Vers 13 ans, révélait-elle, j’ai fait une presque tentative d’un simili suicide. Je l’avais répété, en marchant au bord d’un trottoir, je m’étais dit : “Tiens, ce serait facile de me laisser tomber sous une voiture.Je n’étais pas encore bien sûr du droit que j’avais d’être sur terre sans mes parents, et je pensais : “Pourquoi je n’irais pas les retrouver ?(…) Il se trouve que quelques semaines plus tard, je me suis en effet retrouvée sous une voiture. Fort heureusement pour moi, la voiture était trop basse(…). Elle m’a simplement “crashée” devant elle, d’ailleurs j’ai toujours une cicatrice à la tête. »